Nouvelle étape dans la mise en œuvre de la RE2020, la réglementation environnementale sur la construction en vigueur depuis le 1er janvier 2022 pour le logement et le 1er juillet 2022 pour les bureaux.
Renforcées tous les trois ans jusqu'en 2031, les exigences en matière de performances thermiques et de décarbonation vont monter d'un cran pour les demandes de permis de construire déposées à compter du 1er janvier 2025.
« A partir de cette date, il y aura une réduction drastique du seuil de carbone maximum accepté pour les émissions liées à la consommation énergétique du bâtiment. Cela n'a pas été dit clairement, mais l'objectif est d'interdire l'utilisation des chaudières à gaz dans les logements collectifs, pour privilégier l'installation de pompes à chaleur », . Sachant que l'installation de chaudières à gaz - tout du moins à gaz fossile - était déjà exclue pour les maisons neuves depuis le 1er janvier 2022.
Autre nouveauté en 2025 : « Un abaissement de seuil sur les émissions de gaz à effet de serre des produits de construction », . L'idée est d'utiliser plus de matériaux biosourcés ou réemployés. Les filières de production de ces matériaux seront-elles suffisamment matures pour tenir ces objectifs ? C'est l'une des questions qui se posent.
« Pareil pour la disponibilité des pompes à chaleur pour les logements collectifs. Mais c'est difficile à prévoir, car les industriels, en difficulté aujourd'hui, ne vont pas lancer la production de matériel pour dans deux ou trois ans », quand interviendra la construction des logements pour les permis déposés à compter de début 2025.
Tirer un bilan des trois années écoulées s'avère déjà compliqué. « Evidemment, on sait faire quelques opérations exemplaires. Mais il est difficile de dire si on a réussi le cap de la massification.
Par rapport aux permis de construire déposés depuis le 1er janvier 2022, la production est encore très faible - le temps de gestation des projets étant long. Aujourd'hui, les opérations livrées en RE2020 ne doivent pas représenter plus de 10 ou 20 % du total.
« Nous sommes prêts. Nous avons déjà été en anticipation de cette marche 2025 - qui est une petite marche comparée à celle de 2028 - sur un certain nombre de projets. Et il faut appliquer les règles. Mais cela va coûter de 50 à 100 euros de plus au mètre carré », indiquent, de leurs côtés, Alain les promoteur immobiliers.
Or le prix des logements neufs est déjà prohibitif pour nombre de ménages, et les professionnels du secteur font face à une baisse inédite de leurs ventes. « Est-ce qu'on doit continuer dans cette voie alors qu'on est en train de s'enfoncer dans une crise économique inédite ? » . La FPI et la FFB ont déjà demandé à plusieurs reprises à l'Etat une « pause normative ».
Pause qui se heurterait néanmoins, pour les défenseurs de l'environnement, à l'urgence écologique. Les voix ne manquent pas non plus dans le monde de la construction pour contester une éventuelle suspension dans la mise en oeuvre de la RE2020. Au-delà de l'enjeu environnemental, « on se tirerait une balle dans le pied si on casse cette évolution », estime notamment Xavier Davy, directeur technique de l'activité bâtiment du groupe d'ingénierie Egis, avant d'ajouter : « Les industriels ont investi pour adapter leur offre de produits et matériaux. »