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Nouvelle-Calédonie : les assureurs face à un choc d'un milliard d'euros

Nouvelle-Calédonie : les assureurs face à un choc d'un milliard d'euros

 Selon la Chambre de commerce et d'industrie locale, les sinistres avoisinent le milliard d'euros.

Par Thibaut Madelin in LES ECHOS

Publié le 22 mai 2024 à 18:09Mis à jour le 22 mai 2024 à 18:22

De son côté, la fédération France Assureurs a évoqué « des échanges constructifs pour indemniser le plus rapidement possible les sinistrés ». Un enjeu clé pour les 270.000 habitants du Caillou, confrontés à des émeutes depuis plus d'une semaine à la suite de l'adoption d'une réforme électorale contestée.

« Echanges constructifs »

Car entre-temps, la facture s'alourdit. Mardi, la Chambre de commerce et d'industrie (CCI) de Nouvelle-Calédonie a revu très fortement à la hausse son bilan des dégâts pour les entreprises. « Aujourd'hui, on vise plutôt le milliard d'euros », a indiqué à France Culture son président, David Guyenne, après une première estimation de 200 millions.

De quoi se rapprocher du bilan des émeutes urbaines de juillet 2023, consécutives à la mort du jeune Nahel, qui avaient coûté 800 millions d'euros à la profession, mais sur un territoire cette fois beaucoup plus restreint. Une mauvaise nouvelle pour les leaders locaux que sont Allianz, Groupama, SMA BTP et l'australien QBE. France Assureurs n'a pas encore fait de chiffrage.

Si les discussions se poursuivaient mercredi avant les annonces d'Emmanuel Macron, les pistes étudiées incluent notamment la possibilité au cas par cas de faire des expertises en vidéo, comme cela avait été le cas durant les inondations dans les Hauts-de-France l'année dernière.

Un moyen de faire avancer les dossiers plus rapidement. « Il va falloir accélérer les procédures parce qu'on est dans une situation effectivement critique », déclarait mardi sur France Inter Patrick Martin, le président du Medef , tout en reconnaissant que « les assureurs font leur travail, d'ores et déjà ils sont sur les dossiers ».

Quel soutien de l'Etat ?

« Pour le reste, la garantie émeute figure dans les contrats, souligne une source proche du secteur. Les assureurs seront au rendez-vous. » Une façon de tuer dans l'oeuf un débat naissant sur la possibilité d'invoquer un contexte de « guerre civile » pour refuser d'indemniser les clients sinistrés. Ce n'est pas un sujet, assure un acteur du secteur.

« On s'engage tout droit dans une guerre civile », avait cependant déclaré la semaine dernière le Haut-commissaire de la République en Nouvelle-Calédonie, Louis Le Franc, ouvrant la porte à différentes interprétations possibles du droit. L'état d'urgence est en vigueur depuis une semaine.

Reste à savoir si l'Etat peut jouer un rôle. « Il va falloir que les dispositifs comparables à celui de catastrophe naturelle soient activés », estimait quant à lui Patrick Martin. Ce dispositif prévoit un partage de la facture entre les assureurs et le réassureur public CCR en cas d'inondation ou autre événement climatique.

« Ce n'est pas à l'ordre du jour », assure un acteur du secteur, tout en attendant les déclarations du président de la République. « On en est encore au stade du maintien de l'ordre, c'est trop tôt pour aborder ces sujets », estime un autre.

Thibaut Madelin

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